Histoire

Le RC Lens, de 1905 à 1950

Les origines du Racing Club de Lens remontent à 1905 : à l'époque, un groupe d'étudiants jouait au football sur la Place Verte de Lens (la place de la République aujourd'hui). Le premier conseil d'admininistration du club, composé des parents des élèves, se tient en 1906, sous le nom de Racing Club Lensois. C'est en 1906, quelques mois après une grave catastrophe minière, que le club est enregistré officiellement sous le nom de Racing Club de Lens. Le nom "Racing Club de Lens" est alors une référence au Racing Club de Roubaix et au Racing Club de France, tous deux très populaires à l'époque. Le club joue d'abord en vert et noir, le vert en référence à la Place Verte et le noir pour représenter l'omniprésence des mines de charbon dans les environs.

Entre 1907 et 1912, les joueurs sont forcés de changer de terrain deux fois avant de s'installer au Parc des Glissoires actuel, entre Avion et Lens. Le président du club est alors M. Douterlinghe, dont le café était le lieu de rendez-vous privilégié des étudiants fondateurs du club. Avec la Première Guerre mondiale, dont certains combats ont eu lieu à proximité, la reprise est lente autant pour le club que pour la ville, malgré l'aide des émigrés polonais venus combler le besoin de main d'oeuvre.

C'est en 1924 que les couleurs Sang et Or appararaissent. La légende dit que Pierre Moglia, président du club de 1923 à 1930, a choisi les couleurs du drapeau espagnol après que quelqu'un du club ait remarqué que les ruines de l'église Saint-Léger étaient les derniers vestiges de la présence espagnole de 1648. Certains disent aussi que les couleurs sont une référence aux mines de charbon : le rouge pour le sang des mineurs et l'or pour le charbon qui était précieux à l'époque. C'est également en 1924 que le club est autorisé à jouer au nouveau stade municipal Raoul Briquet (aujourd'hui Léo Lagrange), en centre-ville. Le premier match avec les nouvelles couleurs est joué pour l'inauguration du stade.

En 1926, le footballeur britannique Kid Fenton est la première star du football à évoluer sous les couleurs lensoises. Il y restera huit saisons. C'est aussi l'année où le premier groupe de supporters est formé. En 1929, Lens remporte le championnat du Nord et accède pour la première fois à la Division d'honneur de la Ligue du Nord avec l'Olympique Lillois, le RC Roubaix, l'Excelsior Athlétic Club de Roubaix et l'AC Amiens.

Les ressources financières du club changent radicalement lorsque le propriétaire de la Compagnie des mines de Lens, Félix Bollaert, décide d'y construire un stade digne d'une ville de plus de dix fois sa taille. Malgré la découverte de plusieurs grenades non explosées de la Première Guerre mondiale, le stade est construit en quatre ans et inauguré en 1933. Avec une capacité initiale de 51 000 places, plusieurs milliers de plus que la ville de Lens elle-même, le terrain prend le nom de Bollaert après sa mort en 1936. Il était dit qu'il attirerait plus tard trois grands tournois de football internationaux et organiserait plusieurs grands rendez-vous européens.

Promu en Ligue 1 en 1937 grâce notamment au talent de joueurs comme Stefan Dembicki, Lens remporte ses premières médailles dans la ligue dite "Zone interdite", qui était constituée de clubs français situés le long des frontières et de la côte. Après la seconde guerre mondiale, le derby du Nord avec Lille atteint son apogée lors de la finale de la Coupe de France de 1948, perdue par Lens 2-3.

Le RC Lens, de 1950 à 1998

Avec l'ailier Maryan Wisniewski, passeur décisif de Just Fontaine lors de la Coupe du Monde de 1958, Lens termine deux fois à la deuxième place du championnat de Ligue 1, avant une lente période de déclin.

En effet, en 1962, les mines de la ville de Lens ferment et l'avenir du club est brutalement remis en question, du fait que la plupart des joueurs étaient des mineurs. Entre 1956 et 1968, le club est en mode survie. Néanmoins, en 1964, Lens termine troisième, avec Ahmed Oudjani comme meilleur buteur (30 buts). Un autre joueur célèbre, Georges Lech, rejoint Lens à cette époque, bien que le club soit relégué en 1968. L'année suivante, les houillières (administrateurs de la mine) arrêtent de soutenir financièrement le club : c'est la fin du football professionnel au Stade Bollaert-Delelis. Lens redevient de nouveau un club amateur, un an après sa relégation.

À la fin des années 1960, le maire de Lens, André Delelis, refuse de voir le club mourir. Avec l'aide du futur président, Jean Bondoux, il réunit des bénévoles pour assurer sa survie. La ville achète alors le stade pour un franc symbolique.

En 1972, Lens atteint les demi-finales de la Coupe de France, et l'arrivée de deux joueurs polonais aide le club à remonter en première division. En 1975, Lens atteint de nouveau la finale de la Coupe de France contre Saint-Étienne. Mais les Verts remportent le match 2 à 0, avec un but d'anthologie de Jean-Michel Larqué. Les progrès de Lens se poursuivent, et après avoir terminé deuxièmes de Ligue 1 derrière Nantes, ils réussissent à se qualifier en Coupe UEFA. Une vedette de la Coupe du monde, Didier Six, joue ensuite pour le RC Lens, et s'illustre lors d'une victoire mémorable 6 à 0 sur la Lazio de Rome en 1977.

Malheureusement, après ce rare exploit pour un club français, les Lensois sont éliminés par le FC Magdeburg. Pire encore, le club retombe en deuxième division en 1978, avant que Lens n'embauche Roger Lemerre, puis le jeune Gérard Houllier en tant qu'entraîneur. Le président Gervais Martel, jeune entrepreneur originaire de la région, arrive à la tête du club en 1988. De retour en Ligue 1 en 1991, l'équipe se qualifie pour la Coupe UEFA deux fois de suite, en 1993 et 1994. Lens atteint même la demi-finale de la Coupe de France après avoir effacé le Paris Saint-Germain au Parc des Princes, avant de s'incliner face à Montpellier.

Sous l'impulsion de son ancien défenseur Daniel "le druide" Leclerq (décédé en novembre 2019), Lens gagne un titre surprise de champion de France en 1998. À cette époque, Marc-Vivien Foé faisait merveille au milieu de terrain, Éric Sikora tenait la défénse avec brio, tandis que Vladimir Smicer, épaulé par Tony Vairelles, jouait de son flair à la pointe de l'attaque. L'année 1998 est vraiment une année faste : outre le titre de Champion de France, le RCL atteint les demi-finales de la Coupe de la Ligue et rate de peu le doublé coupe / championnant en s'inclinant 2-1 face au PSG en finale de Coupe de France.

Le RC Lens, de 1999 à 2007

Malgré une victoire historique sur Arsenal à Wembley (1-0) grâce à un but de Mickaël Debève, le 25 novembre 1998, Lens ne réussit pas à sortir de la phase de poules de la Champions League mais remporte la Coupe de la Ligue la saison suivante, en 1999, grâce à un superbe but de Daniel Moreira. Arsenal se venge ensuite de son humiliation à Wembley lors de la demi-finale de la Coupe de l'UEFA en 2000. Cette année-là, le RC Lens de François Brisson remporte de très belles victoires contre Kaiserslautern (4-1 en Allemagne), contre l'Atlético Madrid (4-2) et le Celta Vigo (2-1). El-Hadji Diouf rejoint le contingent sénégalais de l'équipe pour s'illustrer lors de l'impressionnante saison 2001-2002 mais part pour Liverpool au moment où Lens et son entraineur Joël Muller jouent la Ligue des champions (puis la coupe UEFA, suite à son élimination). Les victoires sur le grand Milan AC de Maldini et sur le Deportivo La Coruña resteront longtemps dans les mémoires.

En 2002, le Centre Technique et Sportif du RC Lens, La Gaillette, est inauguré. Situé à Avion, à quelques minutes du Stade Bollaert-Delelis, La Gaillette est à la fois un centre d'entrainement et un centre de formation de haut niveau, pouvant accueillir jusqu'à 120 joueurs. La Gaillette dispose d'un amphithéâtre de 250 places et, sur ses 22 hectares de terrain, d'un grand nombre d'installations sportives modernes : une piscine, un sauna, une salle de sport, un terrain de golf, un dôme couvert de 8 500 m2 et 12 terrains naturels ou synthétiques. Entièrement fermé pour assurer la sécurité et la tranquillité de ceux qui y travaillent, le complexe bénéficie également de la proximité du parc de la Glissoire qui compte 6 lacs et de nombreux sentiers sur 60 hectares. Le cadre et les aménagements de la Gaillette en font un endroit idéal pour la formation des footballeurs.

La Gaillette

Au cours de la saison 2006-2007, les Sang et Or terminent la première partie de la saison à la deuxième place, derrière Lyon. Mais en raison d'une seconde moitié de championnat plus chaotique, ils ne se classent que cinquième. Quelques jours plus tard, Francis Gillot démissionne. Le 5 juin 2007, Guy Roux fait son retour... pendant trois mois : il démissionne après une défaite 2-1 à Strasbourg. Jean-Pierre Papin prend le relais, mais Lens ne réussit pas à élever son niveau de jeu pendant la saison, terminant 18ème, à deux points de Toulouse, entraînant donc la descente en Ligue 2.

Le RC Lens, de 2007 à aujourd'hui

Après un retour en Ligue 1 en 2009-2010, le club redescend une nouvelle fois en ligue 2 en 2010-2011. Lens produit ensuite des résultats médiocres - Martel se retirant même brièvement de la présidence - avant que l'argent du transfert de Raphaël Varane au Real Madrid, et l'arrivée du nouveau propriétaire Mammadov, ne contribuent à la promotion en Ligue 1 en 2013-14. Le 16 mai 2014, lors de la dernière journée de championnat de la saison, Lens obtient en effet son accession en Ligue 1 suite à une victoire 2-0 à Bastia. Le 27 juin, cependant, la Direction Nationale de Contrôle de Gestion de la Ligue (DNCG) bloque la montée en L1 en raison d'irrégularités dans le budget du club. S'en suit alors, pendant la trève estivale, un véritable imbrogilio juridique doublé d'un feuilleton médiatique, avec comme protagnistes le président de Lens, Gervais Martel, et l'actionnaire principal, Hafiz Mammadov. Le 25 juillet, le CNSOF autorise finalement lens à jouer en Ligue 1. Pendant les travaux de rénovation du Stade Bollaert-Delelis en vue de l'Euro 2016, Lens joue ses matchs à domicile de la saison 2014-2015 tantôt au Stade de la Licorne, tantôt au Stade de France à Saint-Denis (pour les plus grosses affiches).

Le 29 janvier 2015, il est annoncé que la promotion de Lens en Ligue 1 à la fin de la saison 2013-2014 était invalide et que Lens sera automatiquement relégué en Ligue 2 pour la saison 2015-2016, peu importe les résultats sportifs. Ainsi, en août 2015, Lens retourne en Ligue 2.

En 2015-2016, le Stade de Bollaert-Delelis réouvre ses portes, après une rénovation de 70 millions d'euros qui aura permis d'installer une nouvelle toiture, d'aménager des services en tribune Delacourt, Trannin et Marek-Xercès, de changer les sièges, etc. La capacité du stade, un sujet de contestation parmi les fans, est maintenant de 38 000, soit quelque 3 000 de moins que la version de 2014, mais encore plus que la population de la ville elle-même.

Lors de la saison 2016-2017, le RC Lens, désormais aux mains de la société Solferino, fait peau neuve. Alain Casanova succède à Antoine Kombouaré au poste d'entraîneur et l'effectif est en grande partie remanié, avec notamment l'arrivée du trinidadien John Bostock au milieu de terrain et de l'espagnol Cristian Lopez à la pointe de l'attaque. Malgré de bons résultats et un classement dans le peloton de tête pendant la majeure partie de la saison, Lens termine finalement 4ème, aux portes des barrages. C'est le but d'Amiens, rival direct des Lensois pour la montée, à Reims, à la 96ème minute de jeu de l'ultime journée de championnat (victoire d'Amiens 1-2), qui scelle cruellement le destin des Sang & Or.

La saison suivante est très compliquée pour les Sang & Or. Le recrutement d'inter-saison interroge. Alain Casanova fait les frais du mauvais départ de l'équipe. Il est remplacé par Eric Sikora, qui réussit à sauver le club de la relégation. Lens termine 14ème.

Lors de la saison 2018-2019, les Lensois passent tout près de l'exploit : vainqueurs du Paris FC (1-1, victoire aux tirs au but) puis de Troyes (2-1 après prolongation) lors des play-offs, ils s'inclinent face à l'équipe de Dijon, entrainée par Antoine Kombouaré, lors des barrages (match nul 1-1 à l'aller, puis 2-0 pour Dijon au retour).

En 2019, Lens démarre la saison avec le plus gros budget de Ligue 2 et une volonté clairement affichée de remonter en Ligue 1. À la trêve, les Lensois sont champions d'automne avec 40 points. Malgré un début d'année plus chaotique avec notamment une défaite 4-1 contre Caen qui entraine l'éviction de Philippe Montanier, Lens est 2ème au classement au soir de la 28ème journée. La compétition est alors arrêtée suite à l'épidémie de COVID-19. Le 30 avril, la LFP décide de l'arrêt définitif de la saison 2019-2020. Lens est promu en Ligue 1, en compagnie de Lorient !